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LA CONTRAINTE À L'HÉTÉROSEXUALITÉ (ou comp'het)

Dernière mise à jour : 29 mars 2021


Aussi appelée hétérosexualité compulsive (compulsory heterosexuality), elle désigne l’idée que l’hétérosexualité est considérée et forcée comme orientation romantico-sexuelle par défaut.

Dans la comp’het, l’hétérosexualité n’est pas que présumée, elle est imposée via un système parfaitement huilé de récompenses et de punitions.

On gratifie celleux qui se conforme aux normes hétéro et l’on sanctionne celleux qui en dévient en les excluant socialement, politiquement, juridiquement, médicalement, religieusement, ou encore éducativement…


Ce système oppressif a des conséquences sur notre manière de percevoir le monde, les autres mais aussi nous-même.

L’homophobie (intériorisée ou non) en est l’exemple parfait.


LA NORME NE SE NOMME PAS

Si les mots ont du sens, leur absence en a tout autant. Dans notre société, ce qui fait norme n’est pas nommé.

Exemples : on ne parle pas de mariage hétérosexuel mais de mariage, on ne parle pas de sexualité hétérosexuelle mais de sexualité. on ne dit pas couple hétéroparental mais on précise toujours quand c'est

homoparental


L’hétérosexualité participe d’un ordre social. Elle permet de différencier le «normal», le moral, du hors-norme, de l’amoral, de l’illicite. C’est le point de départ, celui de comparaison. Ainsi, on ne nomme que ce qui s’en éloigne pour appuyer sur le fait que ce n’est pas la norme.


Vivre dans un système hétéro lorsqu’on ne l’est pas, c’est se soumettre à tout un tas de choses, que celleux qui le sont n’ont pas à subir. Pour pouvoir exister et être reconnu•e•s en dehors des injonctions hétérosexuelles, il faudra, entre autres, prévenir qu’on ne l’est pas.

Par conséquent, comp’het et hétéronormativité sont toutes deux responsables de l’injonction au coming-out.


L’hétérosexualité est ainsi supposée et imposée jusqu’à preuve du contraire.


Exemple : on dit souvent de deux enfants identifiés comme un garçon et une fille qui jouent ensemble qu’iels sont amoureux sans considérer le fait qu’iels puissent être simplement ami•e•s voire ne pas être hétéros.


LE PRIVILÈGE HÉTÉROSEXUEL

Si vous êtes hétéros, ou dans certains cas, perçu•e•s comme tel, vous bénéficiez de privilèges inhérents à votre orientation sexuelle dans une société hétéronormée et hétérosexiste.


En voici quelques uns : vous pouvez exprimer votre affection à votre partenaire en public sans craindre d’éventuelles répercussions personne ne pense que votre hétérosexualité est pathologique

vous n’avez pas à faire de coming-out et à craindre un rejet de la part de

vos proches à cause de votre hétérosexualité vous pouvez faire des enfants sans problématiques de procréation et de filiation votre hétérosexualité ne vous coûtera pas votre emploi ou votre logement vous n’avez aucune difficulté à trouver un•e médecin ou un•e thérapeute avec qui il est aisé de parler de votre sexualité.

....

Questionner ses privilèges ne signifie pas forcément les perdre. Il est important de prendre conscience que les personnes non-hétéros font donc l’expérience inverse. Ici, le sentiment de fierté, s’oppose à celui de honte. C’est pourquoi, la « straight pride » n’a aucun sens. Parce qu’il n’y a jamais eu de sentiment honteux relié à l’hétérosexualité. La honte n’est rien d’autre que de l’éducation. Nous ne sommes pas né•e•s capable de ressentir cette émotion. C’est le système hétéronormatif qui nous l’a inculqué.


L'HÉTÉRONORMATIVITÉ

L’hétéronormativité est un système qui prône la binarité : - des sexes (pénis/vulve) - des genres (homme/femme) - des rôles sociaux (ex. père/mère ou travailleur/femme au foyer)

- des orientations sexuelles (hétérosexuelle/homosexuelle)

Et l’alignement de ces dimensions : - vulve -> femme -> mère -> hétérosexuelle - pénis -> homme -> père -> hétérosexuel

L’hétéronormativité met donc en place un système de domination dans lequel les personnes qui ne respectent pas ces normes (les personnes LGBTQIA+ ou non conformes aux stéréotypes de leur genre supposé) sont considérées comme inférieures puisqu’éloignées du modèle majoritaire.


L’hétéronormativité est une grille de lecture du monde à laquelle il manquerait des couleurs. Elle part du principe

que tous les modèles qui dévient de la norme doivent tout de même adopter des codes normatifs pour être légitime voire viable.




QUI CELA CONCERNE ?

La comp’het peut concerner potentiellement tout le monde.

Lorsqu’on vous refuse l’autodétermination et que les alternatives à l’hétérosexualité ne vous sont jamais présentées comme des options réelles, positives et possibles, vous pouvez croire que vous êtes hétéro même si vous ne l’êtes pas, et ce, peu importe votre genre.


La contrainte à l’hétérosexualité empêche les gens de considérer réellement leur orientation sexuelle, d’y réfléchir sérieusement, d’explorer des comportements en dehors de l’expérience hétéronormative ou, s’iels le font, d’en éprouver de la culpabilité et de la honte. Originellement théorisée dans l’ouvrage d’Adrienne Rich, La contrainte à l’hétérosexualité et l’existence lesbienne, elle a surtout été étudiée comme un phénomène touchant les femmes. En effet, l’hétérosexualité compulsive est facilement liée à la misogynie qui fait que la sexualité et même l’identité des femmes sont définies par leurs relations aux hommes.


L'HÉTÉROSEXUALITÉ COMME RÉGIME POLITIQUE


L’hétérosexualité s’inscrit dans une dynamique de pouvoir et de domination. Le patriarcat naturalise la différenciation sexuelle à travers des théories dites scienfitiques à des

fins politiques et normatives. La nature aurait ainsi créé deux pôles diamétralement opposés, l’un étant fait pour se soumettre inconditionnellement à l’autre.


Les femmes, soumises à un devoir de reproduction, sont opprimées par le patriarcat

à travers, entre autres, leurs rôles d’épouse, de femme au foyer et de mère, des labeurs conséquents mais non-rémunérés (ménage, cuisine, éducation des enfants..).

Dès leur plus jeune âge, les femmes apprennent que leur mission principale consiste à rendre les hommes heureux, à les satisfaire. Qu’elles sont censées être belles pour eux, censées changer leur façon de parler et d’être pour être davantage prises au sérieux, censées vouloir l’amour d’un homme plus que tout.


L’histoire des femmes témoigne d’une constante mise à l’écart. Leur sort, a, de tout temps, dépendu de celui des hommes. Cette domination n’est possible qu’à travers l’hétérosexualité d’où la nécessité de la maintenir en norme. L’hétérosexualité est donc une pièce maîtresse de la domination patriarcale.


MAIS PERSONNE NE M'A FORCÉ À ÊTRE HÉTÉRO...

Ah oui, non, pardon, je croyais, au temps pour moi !

On regarde un film, on lit un roman, on apprend l’Histoire, on écoute une chanson, dans 95% des cas, la romance présentée concerne quasiment toujours un couple homme (cis)/femme (cis).

L’hétérosexualité est considérée comme l’amour universel. Les amours non-hétéro sont ceux que l’on cache, dont on a honte.

Le problème que cela pose : les autres manières de vivre l’amour et la sexualité sont discréditées et déligitimées. Ainsi absentes de la sphère publique, invisibilisées mais surtout invisibles, il est plus difficile de savoir qu’elles existent.

De cette manière, notre apprentissage de l’amour et de la sexualité est d’entrée biaisé par un manque de représentation.




UN JOUR MON PRINCE VIENDRA...

On apprend à de nombreuses petites filles à rêver à leur mariage avant même de leur apprendre à rêver leur vie. Avec les comédies romantiques et les contes de fées, on leur transmet le message qu’il est nécessaire qu’elles attendent d’être choisies et que, pendant ce temps de latence, il est primordial qu’elles mettent tout en oeuvre pour l’être.

Dès le plus jeune âge, une grande majorité de femmes ressentent le besoin (inconscient) de se conformer aux attentes traditionnelles en terme de «féminité» mais surtout de désidérabilité patriarcale (cheveux long, maquillage, vêtements dits féminins...). On oublie trop souvent de leur apprendre qu’elles peuvent choisir d’être seules, et/ou qu’elles n’ont pas forcément à attendre leur prince, qu’elles peuvent le choisir elle-même ou opter pour une princesse ou un.e themperor.


La société patriarcale nous enseigne que ce qui fait «la» femme c’est la manière dont elle est regardée par les hommes, la presse «féminine» est d’ailleurs remplie de conseils pour les satisfaire. Les injonctions à être en couple (fécond) et à être mère sont omniprésentes et lorsque l’on s’y refuse, c’est parfois au risque de perdre son "statut social de femme".



LES SIGNES DE LA COMP'HET

Lorsqu’on est éduqué•e dès l’enfance à considérer les relations hétéroromantico-sexuelles comme l’un des objectifs majeurs d’une vie réussie, comment faire la différence entre ce que l’on veut vraiment et ce qui relève de l’injonction ?


* Des corsets. Parce que si tu ne peux pas respirer, tu ne peux pas penser. Et si tu ne peux pas penser, tu peux pas penser à des trucs gay. (Extrait du film But I'm a Cheerleader) DISCLAIMER : La suite de cet article a été extraite et traduite du document "Am I a Lesbian ?" disponible librement sur internet. Ce ne sont pas mes propos. Ceci n'est pas non plus une injonction à questionner vos attirances mais la proposition de les vivre davantage en conscience. Enfin, c'est en aucun cas un jugement quelconque sur les personnes qui adoptent consciemment ou non ces comportements. Il s'agit là d'une simple mise à disposition d'un document de référence sur le sujet de la comp'het pour les non-anglophones. :) Ce document est loin d'être parfait, il permet simplement une brève exploration de nos mécanismes relationnels. Vous reconnaître dans un ou plusieurs de ces signes ne veut pas obligatoirement dire que vous n'êtes pas hétéro. Si vous vous posez des questions sur votre orientation sexuelle et que vous en ressentez le besoin, n'hésitez pas à prendre contact avec un.e thérapeute afin qu'iel puisse vous accompagner à y voir plus clair.


Si vous vous reconnaissez ou vous identifiez à plusieurs de ces signes, je dirais que cela vaut la peine de chercher à savoir pourquoi tant de ces choses résonnent en vous. Est-ce parce que vous êtes hétérosexuel•le ou parce que la société vous a conditionné à désirer ce type de relation ?

La liste est longue, si vous voulez un résumé, reportez-vous à la prochaine section en rouge.

Attirée par les hommes ?

Vous avez créée une liste qui contient des critères impossibles à remplir et vous vous basez sur cette dernière pour décider des hommes qui vous attirent ou non en fonction du nombre de cases qu'ils cochent dessus. Si jamais vous rencontrez quelqu'un qui correspond à tous les critères, vous ajoutez simplement d'autres standards à atteindre. Avoir des critères si élevés qu'aucun garçon ne les atteint - et ne ressentir aucune attirance pour un garçon qui ne les atteint pas.

Vous êtes uniquement/principalement attirée par les hommes qui ont une expression de genre dite féminine. Vous testez constamment votre attirance pour les hommes. Je choisis un ou plusieurs hommes "conventionnellement attirants" dans la pièce, et vous essayez de vous convaincre que vous êtes attirée par eux.

Vous aimez l'idée d'être avec un homme, mais dès qu'un homme fait un pas vers moi, vous êtes incroyablement mal à l'aise. Au fond, vous n'aimez pas vraiment être au contact des hommes, c'est l'idée que je vous vous en faites que vous appréciez. Vous aimez l'idée d'épouser un homme/de vivre une relation avec un homme, mais parvenez toujours à trouver une raison pour ne pas vouloir sortir avec ceux qui s'intéresse à vous. Ces raisons sont parfois raisonnables, mais souvent ressemblent davantage à des "excuses" (par exemple : "Je n'aime pas les hommes qui se coiffent comme ça, il est trop grand, trop petit, il déteste manger des gnocchis mais moi j'adore..").

Vous pouvez fantasmer sur certains hommes et les trouver attirants, mais lorsque vous vous imaginez relationner réellement avec un homme, cela vous retourne l'estomac.

Vous n'êtes attirée par un homme qu'après qu'une amie ait exprimé son attirance pour lui. Vous aimez recevoir de l'attention de la part des hommes et être validée dans votre attractivité, mais dès que l'on passe de l'attention à la possibilité d'une action (un rendez-vous, un baiser, des gestes tactiles ou une relation sexuelle), vous commencez à paniquer.

Vous considérez les relations avec les hommes comme une corvée, un fardeau ou simplement quelque chose que vous devez faire. Confondre une forte connexion émotionnelle et une relation amicale avec un homme avec des sentiments romantiques parce que depuis toujours ont vous a répété que l'amitié fille/garçon ça n'existait pas. Vous avez l'impression que vous pourriez théoriquement être attirée par les hommes (vous pouvez même avoir des fantasmes à leur sujet), mais en pratique, vous n'avez jamais ressenti de sentiments amoureux ou de désir pour eux. Vous voulez sortir avec un homme, tomber amoureuse, vous marier, avoir des enfants, etc., mais vous n'avez pas de critères précis le concernant.

Tous vos fantasmes contiennent des hommes sans visage et sans nom ; plus le fantasme est réaliste et moins vous êtes excitée.

Vous êtes uniquement attirée par les hommes dits inaccessibles parce que : mariés, gays, fictifs, célèbres, plus âgés ou plus jeunes, vivant loin, que vous ne connaissez pas, ou qui ne sont pas intéressés par vous..

Vous perdez tout désir dès lors qu'un homme sur lequel vous projetiez une attirance s'intéresse à vous.

Vous appréciez être désirée par eux et confondez leur attirance avec la vôtre.

Vous interprétez votre anxiété/inconfort/nervosité en présence des hommes comme des "papillons dans le ventre" et les signes de votre inconfort sont confondus avec un désir potentiel.


Relationner avec des hommes ?

Vous redoutez un potentiel futur conjugal avec un homme ou le sur-idéaliser en imaginant une relation si parfaite qu'elle ne pourra jamais se réaliser.

Vous êtes en profond désaccord avec la dynamique de la plupart/toutes les relations homme/femme que vous avez pu observer autour de vous et vous vous dites régulièrement : " Peut-être que ça marche pour eux, mais je ne veux pas que ma relation soit comme ça ".

Vous avez toutes les raisons d'être heureuse dans votre relation avec un homme, mais vous ne l'êtes pas ou d'un oeil extérieur tout semble très bien se passer, mais il vous manque quelque chose et vous n'arrivez pas à savoir quoi.

Vous pensez être phobique de l'engagement parce que même si elle semble idéale, l'idée de faire évoluer la relation vous terrifie.

Vous pensez être "cassée" parce qu'aucune de vos relations ne fonctionnent.

Vous acceptez d'officialiser ou de passer à la prochaine étape parce que c'est dans l'ordre des choses ou pour rapidement sortir de la phase dite "passionnelle" et ne plus avoir à faire d'efforts et non parce que vous en avez envie.

Vous avez l'impression que vous prouvez quelque chose de votre valeur si vous vous engagez sérieusement avec un homme.

Vos relations avec des hommes sont dépourvus de passion.

Vous préférez entretenir une relation en ligne avec un garçon et retardez le moment de la rencontre même après plusieurs semaines/mois/années de relation.

Vous êtes dans une relation avec un homme surtout pour que les autres sachent que vous êtes avec un homme mais n'êtes pas vraiment intéressée par lui.

Ne pas ressentir de manque ou de tristesse après une rupture mais faire semblant pour jouer le rôle que l'on attend de vous.

Après une rupture, ressentir le manque d'être aimée, mais pas le manque de votre ex. La sexualité et l'intimité au contact des hommes

Vous avez des rapports sexuels non pas dans le but de ressentir du plaisir mais pour vous sentir désirée.

Vous prenez davantage de plaisir lors de la phase de séduction que lors de la relation sexuelle qui vous semble être une corvée.

Vous avez besoin d'être sous l'emprise d'alcool ou de drogue pour avoir un rapport sexuel avec un homme.

Vous avez l'impression d'être "frigide" à ne pas vouloir avoir des rapports ou prendre du plaisir avec un homme.

Quand je pense à d'éventuelles relations avec un homme, j'ai toujours l'impression de me forcer.

Quand je relationne avec un homme, je me force ou me sens forcée.

Vous relationnez avec des hommes pour vous faire du mal/vous punir.

L'idée d'être entourée d'hommes qui s'intéressent à moi me met mal à l'aise.

L'idée d'embrasser, de câliner, de caresser ou d'avoir des relations sexuelles ait beaucoup moins anxiogène si ce n'est pas avec un homme.

Être intime avec un homme ne vous procure aucune sensation ou une sensation de dégout.

Vous acceptez pour lui faire plaisir mais sans grande conviction, par devoir conjugal. Vous vous sentez engourdie, dissociée ou vous pleurez pendant/après un rapport sexuel avec un homme.

Vous vous ennuyez lors des rapports sexuels avec les hommes et ne comprenez pas ce qui pousse les autres femmes à en vouloir.


Vous et les femmes ?

Vous pensez que toutes les femmes ressentent dans une certaine mesure de l'attirance pour d'autres femmes.

Vous ne savez pas si vous voulez ressembler à cette femme ou si vous la désirez.

Vous êtes fascinée par la beauté des femmes d'un point de vue purement esthétique.

Vous êtes une alliée très active des personnes Lgbtq+ et devenez rapidement émotive lorsqu'il s'agit d'homophobie.

Vous êtes particulièrement réceptive à la vision d'une représentation d'un couple lesbien dans les médias.

Vous ressentez le besoin d'impressionner certaines femmes sans comprendre pourquoi.

Vous ressentez l'envie d'embrasser, d'être proche physiquement de certaines femmes.

Vous avez le trac à l'idée d'imaginer passer du temps avec certaines femmes.

Vous avez (eu) une relation particulière avec l'une (ou plusieurs) de vos amies, intense et forte, vous saviez qu'elle était spéciale sans pour autant savoir pourquoi. Vous vous dites souvent que votre vie amoureuse serait plus simple "si seulement vous étiez attiré par les femmes" ou adoreriez sortir avec cette fille "si seulement c'était un garçon hétéro".

Lorsqu'une amie vous confie ses déboires avec son partenaire, vous pensez "si j'étais lui/si c'était ma copine, je la traiterais autrement".

Vous vous sentez quelque part coupable ou gênée dans des vestiaires en non-mixité lorsque vous camarades se déshabillent tranquillement devant vous et essayez de ne pas trop les regarder.

Découverte et exploration de votre attirance pour les femmes

Vous avez l'impression que vous pourriez avoir une relation romantique avec une femme mais ne pouvez pas vous imaginer avoir de relations sexuelles avec. Ou inversement.

Vous pensez ne pas pouvoir vous dire lesbienne parce que vous n'en avez pas les codes ou que vous ne pensez pas pouvoir plaire à d'autres femmes. Votre manière d'interagir avec les représentations hétérosexuelles de l'amour et de la sexualité dans les médias revient souvent à vous imaginer à "la place de homme" plutôt que l'inverse. Vous vous concentrez davantage sur les femmes lorsque vous regardez un film pornographique.

Vous ressentez ou vous vous autorisez à ressentir du désir pour les femmes et a éventuellement agir dessus uniquement lorsque vous êtes sous alcool/drogue. Vous avez des critères très élevés concernant les hommes que vous pourriez fréquentez et plutôt bas ou modeste concernant les femmes. Ou inversement. Être potentiellement regardée ou envisagé comme un couple lorsque vous êtes accompagné d'un homme vous met mal à l'aise/sonne faux. C'est pas ou moins le cas lorsque c'est avec une autre femme. Aucun des partenaires de vos amies n'est assez bien pour elles. Vous ressentez rarement la même chose concernant vos amis.


Questionner votre genre ?

Avoir beaucoup de questionnements lié à votre genre qui s'appaise dès lors que vous comprenez votre attirance pour les autres femmes.

Il vous arrive parfois de vous demander si vous êtes une femme cis lesbienne ou un homme trans hétéro.

Vous vous sentez très loin de la définition de ce que doit être une femme sans pour autant vouloir transitionner. Vous avez le réel sentiment de ne pas correspondre au schéma patriarcal imposé aux femmes.

Vous vous sentez parfois dysphorique à propos des parties de vous qui font que les hommes hétérosexuels pensent que votre corps leur est dû.

Savoir que vous êtes attirée par les femmes, mais vous sentir étrangement coupable et mal à l'aise en essayant d'interagir avec elles de la même manière que le font les hommes hétéros.

Vous êtes non-binaire et cela vous provoque un conflit interne d'affirmer votre identité lesbienne alors que vous ne vous vous identifiez pas en tant que femme. (détendez-vous, vous êtes légitimes, les adelphes)


Prête à considérer des relations lesbiennes ? Vous vous demandez si ce n'est pas juste une phase ou une volonté d'obtenir de l'attention et doutez de votre légitimité à vous dire lesbienne.

Vous craignez l'être et tentez en vain de vous convaincre que vous ne l'êtes pas.

Vous espérez être lesbienne pour enfin pouvoir arrêter de relationner avec des hommes.

Vous vous inquiétez du fait que votre sexualité soit induite par un trauma passé et soit ainsi biaisée et non-valide.

Vous craignez de vous revendiquer lesbienne alors que vous n'êtes pas sûre de l'être ou de le rester à 100%.


EN RÉSUMÉ, C'EST PEUT-ÊTRE DE LA COMP'HET SI....

Les hommes, pour vous, c'est ok en théorie mais pas du tout en pratique.

Vous avez l'impression que vous pourriez avoir une relation romantique avec une femme mais ne pouvez pas vous imaginer avoir de relations sexuelles avec. Ou inversement.

Vous êtes attirée par une expression de genre dite féminine. Vous n'êtes attirées que par des hommes que vous ne pouvez pas obtenir ou qui, à l'extrême opposé sont violent et abusent de vous. Vous perdez tout intérêt pour un homme à partir du moment ou cela devient réciproque.

Vous vous surprenez à vouloir plaire aux hommes et vous sentir désirable même si vous n'êtes pas attirée par eux.

Vous aimez l'idée que les hommes soient attirés par vous, mais vous n'aimez pas l'idée d'être attiré par les hommes.

Vous ne remarquez l'attrait d'un homme que lorsque quelqu'un d'autre vous le fait remarquer.

Vous ne souhaitez pas relationner (de manière romantique ou sexuelle) avec des hommes mis vous sentez obligée de le faire.

Vous pensez que "c'est pas si mal" et que vous pouvez vous "contenter de ça".

Vous ressentez le devoir de vous engager avec un homme et de tout faire pour le satisfaire.

Vous pensez "avoir un problème" à ne jamais vous contenter de vos relations et vous questionner sur une potentielle "frigidité".

Vous êtes en désaccord avec les modèles de couples hétéros autour de vous et ne souhaitez pas reproduire ce type de schéma dans vos relations.

Vous vous persuadez que c'est à cause de vos exigences élevées que vous n'avez pas encore trouvé "le bon". Enfant, vous étiez persuadée que vous alliez vous marier avec une amie ou ne jamais vous marier du tout.

Vous ne pouvez pas imaginer avoir un avenir heureux et épanouissant avec un homme. Vous avez l'impression de mettre en scène votre attirance pour les hommes, pour vous-même et/ou pour d'autres personnes. Vous vous attendez à ce que relationner avec les hommes soit, de fait, insatisfaisant.

La plupart de vos relations avec des hommes ont commencé parce qu'ils étaient attiré par vous et vous avez simplement "suivi le mouvement" en confondant leur désir pour le vôtre.

Vous sortez avec des hommes parce que c'est ce que vous êtes censé faire, et restez avec eux parce que vous ne trouvez pas de raison valable de rompre.

Vous suivez les conseils de vos amies pour savoir par qui vous devriez être attirée sans vraiment vous demander s'iels ont juste.

Vous imaginez que les sentiments ressentis pour une femme relèvent de l'amitié et non de l'amour ou qu'ils traduisent un potentiel désir.

Vous pourriez carrément avoir une relation avec une femme si c'était un homme !

CONFONDRE ATTIRANCE ET COMP'HET

NERVOSITÉ ET ROUGISSEMENT

Bon nombre de représentations romantiques (tous médias confondus), véhiculent l'idée que vous savez que vous êtes attiré•e par quelqu'un•e si vous êtes nerveux•se ou rougissez en sa présence. De ce fait, vous pouvez penser être attiré•e par un homme si vous vous sentez nerveuse en sa présence, simplement parce que vous ressentez la réaction physique attendue, et non parce que vous voulez réellement sortir avec lui.


Attraction réelle : Vous êtes nerveuse parce que vous êtes excitée à l'idée de faire la connaissance de quelqu'un qui vous plaît et espérez lui plaire aussi.

Comp'het : Vous êtes nerveuse parce que vous êtes consciente que lui est attiré par vous, et parce qu'il vous porte une attention tenace - surtout s'il dépasse vos limites et envahit espace personnel - tu sais qu'il te regarde et qu'il attend quelque chose. Vous rougissez parce que vous êtes mal à l'aise.

ATTIRANCE HYPOTHÉTIQUE Il est souvent difficile de se proclamer lesbienne si l'on est pas certaine à 100% de ne pas/plus être attirée par les hommes. Il n'est pas rare de se laisser submerger par les "et si" qui peuvent, à terme créer des pensées intrusives et anxiogènes.


Attraction réelle : Vous imaginez un futur hypothétique dans lequel vous vous retrouvez avec un homme et cela vous excite et vous fait vous sentir bien, pleine d'espoir, heureuse et bien. C'est un sentiment agréable et il est confortable d'y penser. C'est rassurant.

Comp'het : Vous imaginez un futur hypothétique où vous vous retrouvez avec un homme et cela vous met mal à l'aise, vous effraie, vous attriste, sonne faux. C'est une pensée pénible et vous espérez que cela ne se concrétise pas.


FANTASMES ET DÉSIRS

Lorsqu'il s'agit d'orientation sexuelle, sans doute influencée par le terme en lui même, notre culture donne à la sexualité un rôle déterminant. Il serait donc nécessaire d'avoir déjà couché avec une femme pour se déclarer lesbienne, ou pire, d'avoir quand même testé avec un homme pour être complètement sûre qu'on l'est. Combien ont déjà entendu cette phrase : "t'es pas lesbienne, t'as juste pas trouvé le bon mec !" ?

De plus, aux vues du manque de visibilité des sexualités queer, et de l'omniprésence de la sexualité hétérosexuelle, les personnes non-hétéro doivent trouver par elleux-même un moyen de relationner sexuellement avec leurs partenaires, sans qu'on leur ai appris quoi que ce soit à ce sujet.

Le manque de représentation de sexualités queer tend également à nourrir notre imaginaire fantasmatique de sexe hétéronormé nous faisant ainsi penser que nous le sommes. Attraction réelle : Lorsque vous fantasmez sur les hommes, c'est parce que vous êtes attirée par leur corps, par des hommes spécifiques ou par l'idée de faire l'amour avec des hommes. Vous imaginez les qualités de leur corps et vous aimez l'idée de ce que vous imaginez. Si vous repensez à ce fantasme plus tard dans la journée, vous pouvez avoir l'impression que c'est embarrassant, mais vous avez aussi l'impression que c'est sexy.

Comp'het : Lorsque vous fantasmez "hétérosexuellement", il s'agit surtout de toutes les projections que vous vous faites sur ce que le sexe hétéro pourrait être. Plus axé sur le mouvement que sur les traits - les hommes de vos fantasmes peuvent vous apparaitre sans visage. Vous n'aimez pas vraiment l'idée de ce que vous imaginez. Vous pouvez ne pas être actrice de ce fantasme ou encore vous imaginez dans la posture de l'homme. Il se peut que vous ne soyez même pas dans le fantasme, mais qu'une autre femme que vous y soit ou que vous soyez trois, l'homme étant simplement là pour servir de "caution hétérosexuelle" à votre fantasme.


Pour rappel, à partir du disclaimer, il s'agit de la traduction du célèbre document "Am I a lesbian?" que vous pouvez retrouver dans sa version originale ici.


Vous : existe après avoir lu cet article Vos proches :


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